Les mains qui réalisent … Patrice

Une rencontre

Mon histoire avec Sezen débute il y a quelque mois par mail. Je lui écris, j’adore ses modèles, son univers et je veux la rencontrer. Lors de mon voyage à Istanbul, nos agendas ne coïncident pas, mais nous continuons d’échanger par mail pour créer les modèles d’assiettes Magdalena et Graziella. Je lui passe ma première commande alors qu’on ne s’est pas encore rencontrées mais je sens un feeling. Cela ne s’explique pas toujours, mais je sens dans nos échanges et dans ses créations quelque chose de doux et bienveillant.

A la réception de la commande, je suis fan, j’aime tout : la finesse, les finitions, les produits sont sublimes.

Ce n’est qu’en Octobre dernier à Istanbul, lorsque je lui propose de faire un reportage et une interview que l’on se rencontre enfin pour de vrai. Entre temps, nous avons échangé des centaines de message et de mail pour caler une couleur, un modèle, mais aussi des questions techniques de faisabilité. J’ai souvent des idées qui me viennent et qui peuvent avoir des contraintes techniques.

La rencontre est une évidence ! Elle m’accueille avec une chaleur, comme on accueille une amie pas vue depuis longtemps. Elle a préparé des petites choses à grignoter, elle a préparer de quoi faire une démonstration pour les photos, bref un amour.

On a tellement de chose à se dire et à regarder dans son atelier.

Une reconversion…

Sezen à une formation d’ingénieur en management. Après 14 ans dans une multinationale en tant que commerciale elle veut retrouver de la liberté. De nature méditative, elle a besoin d’activité manuelle.

Passionnée par le dressage de table, elle s’oriente assez naturellement vers la céramique dans l’idée de créer et fabriquer sa vaisselle idéale. Après 6 mois de formation, elle se lance et commence à créer dans son atelier qu’elle installe au rez-de-jardin de l’immeuble qu’elle habitait enfant.

Petit havre de paix, elle a aménagé un coin atelier, un showroom et elle profite du jardin dans lequel se baladent les chats, curieux de tout.

Le nom de sa marque, KIANA, signifie la Terre dans la langue « Laz » utilisée dans le nord-est de la Turquie, dans la région côtière de la mer Noire, d’où elle est originaire. Cela symbolise son retour aux sources mais aussi la matière première qu’elle travaille quotidiennement.

Une technique

Dans son atelier, elle perfectionne son style. Elle utilise ses talents artistiques pour créer des modèles mais aussi des motifs qu’elle grave à main levée dans des assiettes.

D’une grande finesse, la céramique est moulée avec l’épaisseur minimum avant d’être cuit dans un four pendant 24h à plus de 900°C pour réaliser le biscuit.

Sorti du four, le biscuit est tout chaud, il doit refroidir doucement avant d’être poncé et nettoyé de ses impuretés avant d’être émaillé avec de belles couleurs puis cuit une seconde fois. Les pigments pour l’émaillage sont choisis pour être en contact alimentaire car plus que des objets de décorations, elle fabrique de la vaisselle, à utiliser au quotidien.

#cobaltlovers

C’est notre #hashtag ! Toutes les deux fans de ce bleu profond qui nous rappelle la mer. Il se décline à merveille sur chaque pièce, de la tasse à l’assiette en passant par le plat sur pied Patrice.

La suite …

Un peu de teasing pour conclure : une belle surprise sera annoncée dans quelques jours, une collaboration qui va bientôt voir le jour, fabriquée par Sezen. La délicatesse de sa vaisselle, sa créativité et sa douceur ont permis cette création. Je vous en dévoilerai très bientôt les coulisses.

Crédit photo: Müge Kaya